Aller rêver au Japon et vivre de mes proses,
M'éteindre sous une pluie de pétales de roses,
Entendre crisser ma plume dans les hauteurs,
Voir au printemps les cerisiers japonais en fleurs.
Laisser dériver mes voiles gonflées de maints vents,
Savourer toutes les eaux des cinq océans,
Et mourir naufragée dans les Indes sauvages.
Dormir dans les bras des côtes au creux des rivages,
Voir geler dans les profondeurs de la Russie,
Songer dans les icebergs, perdue loin d'ici,
Partir un jour me retirer chez les Inuits,
Et auprès d'eux rêver devant les stalactites.
Loin, méditer dans les dunes du Sahara,
Regarder poindre le crépuscule au ciel bas,
Reposer auprès des Touaregs, hommes du désert,
Ecouter crisser le sable loin de mes mers,
M'enfuir dans les tréfonds des forêts du Brésil,
Voguer enfin au large revoir mes chères îles,
Retracer les pas d'un dénommer Robinson,
Et graver sur ses arbres poèmes et chansons,
Pousser le dernier soupir sur les terres Egyptiennes,
Telle les rois en l'époque pharaonienne,
Devenir la chanson contant mon épopée,
Parcourir ainsi mille pays visités,
Puis, être un mythe au gré du temps au gré du vent,
Me perdre une dernière fois dans le creux des vagues des cinq océans.